Mieux connaître la chenille processionnaire



Même si l'on parle couramment de chenille processionnaire, il existe bel et bien deux types de chenilles différentes.
La chenille processionnaire du chêne est reconnaissable à son corps gris. Elle est urticante de mai à juillet. Présente sur tout le territoire mais en quantité moins importante que la processionnaire du pin. C'est à cette dernière que nous allons nous intéresser maintenant.


De quoi s'agit-il?


La chenille processionnaire dite "processionnaire du pin" correspond au stade larvaire d'un insecte nocturne appartenant à la famille des papillons (lépidoptères). Les longs poils qui criblent son corps sont contre toute attente inoffensifs. En revanche, les poils urticants qu'elle porte sur elle sont un mécanisme de défense. Elle libère dans l'air ces minuscules poils pour se défendre en cas de perception d'un danger quelconque. La propagation de ces poils très légers dans l'air est à l'origine de nombreux désagréments parfois sérieux. Ces poils ont une forme de harpon redoutable car il s'accrochent à la peau en cas de contact.


Le cycle de vie


Connaître le cycle de vie est indispensable pour mieux connaître cet insecte mais aussi évaluer les nécessiter de mettre en place des moyens de lutte et de les adapter. Pour cela, il faut bien avoir à l'esprit que les populations de papillons sont en constant déclin.

Ainsi, cibler la lutte permet d'éviter d'aggraver le phénomène. Les chenilles amorcent leur procession au printemps où elles se déplacent la plupart du temps en cordon. Cependant, le risque est plus grand encore de tomber sur des sujets isolés, peu visibles dans les feuilles, les recoins de l'écorce des arbres, ou au sol. Elles cherchent un endroit réchauffé par le soleil et s'enterrent. On a retrouvé de grandes quantités de chenilles amassées à cette période dans les composts souvent proches des pieds des arbres et réchauffés par la fermentation, d'où l'intérêt de les isoler des sujets sensibles aux chenilles. De là, chaque chenille forme sa chrysalide et s'y tient jusqu'à sa transformation, parfois plusieurs mois voire plusieurs années durant.

Les papillons apparaissent en été où ils se reproduisent. Le mâle succombe alors que la femelle s'envole à la recherche d'une branche de pin ou de cèdre. La distance parcourue peut atteindre plusieurs kilomètres. Elle y dépose une centaine d'œufs avant de mourir également. Les "nids" visibles dans les arbres apparaissent au moment de l'éclosion des œufs, un à deux mois après la ponte. Il s'agit de fils de soie qui relie toutes les chenilles. Les chenilles croissent en se nourrissant des feuilles ou des aiguilles des arbres hôtes. Les chenilles se dotent alors des fameux poils urticants qui peuvent à tout moment se détacher et être transportés par les vents.

A l'arrivée du froid, les chenilles se construisent un abri de fils de soie pour y passer l'hiver, au sud. Elles en sortent de temps en temps la nuit pour s'alimenter.



Les moyens de lutte


Les moyens de lutte sont à adapter au cycle de vie de la chenille et donc à la saisonnalité.

Entre janvier et mars, les nids peuvent être prélevés sur l'arbre et détruits par le feu.

En période estivale, l'installation de pièges à phéromones permet d'attirer les papillons mâles. Ils viennent se coller sur une surface engluée ce qui leur permet d'éviter de se reproduire.

Entre septembre et octobre, le moyen de lutte le plus efficace est la pulvérisation sur les arbres d'une bactérie, le bacille de Thuringe (Bacillus thuringiensis) appelé BT. Le principe d'action est le suivant : en défoliant les arbres pulvérisés, les chenilles absorbent la bactérie et meurent rapidement par paralysie des mâchoires. Cette méthode est efficace sur les lépidoptères, préservant ainsi les autres insectes.

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